bouddhisme

Méditer, est-ce faire le vide dans sa tête? Ce que j'ai retenu de ma retraite chez les bouddhistes.

On croit souvent que méditer consiste simplement à faire le vide dans sa tête, à ne penser à rien.

Lorsque j'ai commencé la méditation, il m'est arrivé de me dire "je n'y arrive pas, à chaque fois que je m'assieds et que j'essaie de ne penser à rien, et bien une pensée surgit...", jusqu'à ce que j'apprenne qu'en réalité, l'association entre la méditation et faire le vide dans sa tête n'est qu'une idée reçue.

On estime qu'on émet environ 60000 pensées par jour, je ne sais pas comment on en est arrivé à ce chiffre, mais si tel est le cas, il est absolument vain de vouloir les faire disparaître tant elles sont nombreuses.

Il y a énormément de techniques, d'approche de la méditation. Les approches diffèrent selon les écoles. Certaines méthodes de méditation se basent principalement sur la respiration, d'autres sur la répétition de mots ou de phrases (appelés mantras), d'autres visent la modification du niveau de conscience en transformant son regard sur les choses. La méditation pleine conscience quand à elle vise à être pleinement éveillé dans l'instant présent.

J'ai effectué une retraite de trois jours dans un centre bouddhiste afin d'enrichir ma connaissance de la méditation grâce à des enseignements théoriques et de méditer dans un cadre plus propice à une pratique rigoureuse (loin de chez moi, dans un écrin de verdure et de calme).

L'enseignement du bouddhisme étant très complexe, en trois jours, je n'ai bien sûr pas pu faire tout le tour de ce qu'est la méditation bouddhiste. Cet article ne vise pas à vous en présenter un panorama complet. J'aimerais juste vous faire part des points de l'enseignement et de la pratique que je trouve importants à retenir.

Le but fondamental du bouddhisme (pour faire simple car il y a plusieurs courants) est d'atteindre le Nirvana, c'est à dire un état d'éveil spirituel suprême qui met fin à la souffrance. La méditation est une pratique (et non la seule, car il y aussi la discipline morale) qui va permettre à l'esprit d'atteindre cet état d'éveil spirituel et de devenir un Bouddha, c'est à dire un "Etre éveillé". Dans la tradition bouddhiste Mahayana (dite Grand Véhicule), dont relève le centre, le terme de bodhisattva est utilisé pour qualifier un être qui est sur le chemin de l'éveil afin d'atteindre l'état de Bouddha.

Ceci étant dit, je vous présente en quelques grands points ce que j'ai retenu de cette retraite et les reflexions qui en découlent (certains points, notamment ceux liés à la pratique de la méditation, peuvent être propres à la tradition enseignée dans le centre...comme je vous le disais plus haut, il n'y a pas une seule école):

On ne peut pas contrôler les choses extérieures mais on peut contrôler notre mental et c'est donc là dessus qu'il faut se concentrer

Ce point rejoint la distinction qu'avait opérée Epictète, philosophe stoïcien, entre les choses qui dépendent de nous et sur lesquelles nous devons concentrer notre attention, et les choses qui ne dépendent pas de nous et auxquelles nous ne devons pas accorder d'importance.

L'appaisement de l'esprit est nécessaire pour atteindre le bonheur

L'évocation de l'appaisement m'a rappelé la notion d'ataraxie dans la philosophie antique qui signifie "la tranquilité de l'esprit, l'absence de trouble de l'âme".

La méditation a toujours un objet: dire "je suis en train de méditer" ne suffit pas, il faut être en mesure de préciser "sur quoi?"

Beaucoup de gens pensent que le seul objet de la méditation est le souffle. C'est vrai que la respiration est un objet de méditation. C'est l'objet de méditation le plus simple car on connait tous comment fonctionne notre respiration. Souvent quand on commence une séance de méditation, on commence par se concentrer sur sa respiration.

Il y a en réalité différents objets sur lesquels on peut méditer: on peut par exemple méditer sur l'impermanence, sur l'amour, sur la disparition de pensées parasites et même sur la mort

La méditation sur la mort n'est pas la plus agréable, et pourtant il est parfois nécessaire de garder à l'esprit que l'on peut mourir à tout moment et qu'il est donc important de vivre pleinement l'instant présent car demain n'existe pas encore et n'arrivera peut être jamais.

On ne peut pas mettre fin à ce qui perturbe notre mental (colère, jalousie etc) sans avoir des substituts à mettre en face

Il faut se battre à armes égales. Si on n'oppose rien à la colère, elle finira par nous miner. Il en est de même pour la jalousie. A chaque perturbation, il faut trouver ce qui est susceptible de la calmer, de la combattre.

Notre bonheur ne doit pas dépendre de l'extérieur car les choses exterieures sont impermanentes et s'y attacher c'est prendre le risque de souffrir lorsqu'elles disparaîtront.

La notion d'impermanence est une notion très importante dans le bouddhisme, de même que celle de vacuité que je ne me risquerais pas à tenter de définir ici tant ma connaissance du bouddhisme est limitée.

Pour en revenir à la notion d'impermance, lorsque je fais face à des difficultés, je me dis qu'elles sont impermanentes, qu'elles n'ont pas vocation à durer, qu'elles passent, et je me sens mieux. C'est d'ailleurs pour cela que je conclue ma devise (cf. A propos) par "Tout passe!"

Notre mental est très puissant. Par exemple, quand on fait un cauchemard, cela engendre un état physique (peur, tension etc), comme si on vivait la scène pour de vrai. Ainsi, en travaillant sur son mental, il est possible de déclencher des réactions positives qui se manifesteront en nous.

Cela rejoint l'idée selon laquelle le cerveau ne fait pas la différence entre le réel et l'imaginaire.

J'ai beaucoup aimé cette retraite qui m'a fourni des clés pour apaiser mon mental grâce à la pratique de la méditation. J'ai pu pratiquer à la fois la méditation guidée par un enseignant et la méditation libre. Je suis rentrée chez moi après ces trois jours dans un état d'esprit différent, plus serein, plus apaisé. J'étais beaucoup plus calme et détachée face aux événements. Je compte bien participer à d'autres retraites dans les mois à venir. En attendant, je continue de pratiquer la méditation quotidiennement, aidée dans ma pratique par tout ce que j'ai appris durant ce stage.

 

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