ce que la vie m'a appris

Je vous propose de découvrir « Ce que la vie m'a appris », ma dernière lecture !

Ce que la vie a appris à Perla Servan-Schreiber, elle nous l'apprend à son tour dans ce livre écrit dans un style simple, accessible mais non dépourvu de profondeur.

C'est une femme inspirante de 73 ans, sereine, qui se livre ici, et qui partage avec générosité ses conseils pour vivre une vie en apparence complexe mais qui en réalité est bien plus simple qu'on ne le pense.

Ce livre est dans le prolongement de vidéos d'une minute qu'elle a réalisées avec l'équipe de My Little Paris et qui s'intitulent « La minute Perla ».

Avec toute la sérénité et la maturité que l'entrée dans un âge plus avancé confère, Perla nous partage son expérience, celle d'une femme qui a vécu plusieurs vies.

Des souvenirs doux et berçants de son enfance à des thèmes plus lourds tels que la vieillesse et le deuil, en passant par la cuisine, l'amour, la joie, l'égo, l'argent... on découvre au fil des pages la personnalité d'une femme bienveillante qui a à cœur de transmettre et de partager son ambition d'une « acceptation joyeuse de la réalité ».

Chacun pourra se reconnaître dans les thèmes abordés dans les chapitres du livre dont les idées clés sont à chaque fois mises en évidence.

 

Un jour, plus un jour, plus un autre, ça fait une vie. 

Depuis, ma conviction est établie : chacun est plus riche (de réponses) qu'il ne le croit. L'autre peut seulement aider à formuler les bonnes questions. 

Ma vigilance à l'égard de l'attachement aux objets et aux choses reste en alerte. Je sais en jouir, mais j'ai besoin de sentir que je peux m'en passer. Ma chance ? C'est d'avoir appris à vivre avec peu dans la première moitié de ma vie. Perla Servan-Schreiber

 

J'ai beaucoup aimé le choix des citations pour introduire chaque chapitre. La référence à Etty Hillesum revient à plusieurs reprises. En faisant des recherches, j'ai découvert le destin de cette jeune femme, morte à l'âge de 29 ans, à Auschwitz. Elle est connue pour avoir raconté dans son journal intime, son vécu pendant la guerre, dans les camps, et la transformation spirituelle qui lui a permis de devenir une femme remplie de paix intérieure et d'amour.

 

Il faut si peu de mots pour dire les quelques grandes choses qui comptent dans la vie. Je voudrais tracer ces quelques mots au pinceau, sur un grand fond de silence. Etty Hillesum

 

Pour ceux qui se sentent en proie au doute, en décalage avec les standards de société ; ceux qui traversent des peines, ceux ont du mal à dire OUI à la vie, ce livre va vous réconforter, vous soulager, vous faire sentir moins seul, vous redonner confiance en la vie et vous convaincre que OUI le bonheur s'apprend.

 

Un chagrin occupe longtemps sa place. Lui faire barrage en prenant le cours de nos activités « comme si de rien n'était » lui fait violence. Il se rebelle. Ce n'est qu'en accueillant qu'il accepte, doucement, de se mettre en sourdine.

De Charles Pépin, j'ai appris la différence essentielle entre erreur et sentiment d'échec. Faire des erreurs est utile pour progresser. Cultiver le sentiment d'échec est nuisible et inefficace. 

Pour chasser le blues, essayez de lui lancer un scud le plus tôt possible. Perla Servan-Schreiber 

Parfois on sait au fond de nous que l'on peut être heureux, on le ressent, c'est là, quelque part. Le talent d'un écrivain est de dire avec des mots bien choisis, les choses que nous avons au plus profond de nous. Perla a su transformer mon ressenti sur le bonheur en une conviction forte : je le pensais que c'était possible d'être heureux, maintenant, je l'ai compris.

 

On trouve toujours excellent un livre qui dit ce que nous pensons ou ressentons, mais tellement mieux que nous le ferions. Une résonance qui sonne juste et que l'on fait nôtre. Perla Servan-Schreiber

Le ton est sobre, élégant, humble. Perla ne se positionne pas en donneuse de leçons, elle admet ne savoir que peu de choses. Il n'y a donc pas ici le souhait de livrer une recette universelle du bonheur, sa recette à elle, en grande passionnée de cuisine, est celle de ses « spaghettis anti-blues » ou « aglio, olio e peperoncino ».

Perla a eu cette chance de savoir très tôt quels étaient ses réels désirs. Elle nous apprend par exemple, qu'elle n'a jamais voulu avoir d'enfant. Elle a su aussi écouter son corps et comprendre que son rythme biologique idéal était de se limiter à deux repas principaux par jour, en faisant fi de la pause déjeuner.

 

Il nous revient de découvrir, par nous-même, notre vraie nature, notre potentiel, notre désir. 

J'ai réglé le problème du repas de midi en ne déjeunant plus depuis trente-cinq ans. Perla Servan-Schreiber

 

Le quotidien de Perla, outre sa passion pour la cuisine et l'écriture, est rythmé par la marche et la méditation. Autant d'occasions pour faire silence et apprécier la solitude. Ce goût pour la solitude, cette aspiration profonde à se retrouver avec elle même, elle l'a découvert tardivement.

 

Mon besoin de silence et de solitude a été une prise de conscience tardive mais essentielle. J'ai ressenti et identifié ce manque dans ma vie professionnelle et privée. Perla Servan-Schreiber

 

Ce thème du livre est celui qui a le plus vibré en moi. En effet, moi aussi j'aime être seule, car cela me permet de me recentrer et de mieux revenir aux miens en étant « rechargée ». Chaque moment de solitude est un voyage, un voyage au fond de moi, où je découvre que les contrées de mon mental sont nombreuses, qu'il y a parfois des nœuds qui m'empêchent d'avancer mais qui peuvent être défaits.

Mon mental est tout un monde qu'il m'appartient de mieux découvrir pour pouvoir le dompter au mieux de mes intérêts, au mieux de ce qui me rend heureuse.

Un autre point commun : au minimum une fois par an, je m'en vais en retraite. Perla partait une semaine par an, dans une communauté laïque en Ardèche, animée par Arnaud Desjardins.

Loin de l'agitation parisienne, je respire. Je respire l'air frais de la liberté dans le silence et la solitude. Pour moi la solitude, loin d'être un fardeau que l'on traîne, est une source de liberté.

La solitude me rend libre car elle fait tomber la barrière des faux semblants. Dans la solitude, allégée de ce regard que l'autre pose sur moi, délestée du poids des convenances et des apparences, je peux enfin être moi.

Pour le prix d'un mojito, je me suis procurée ce livre, qui fut une bulle de douceur, une parenthèse sucrée.

Tout est plus clair pour moi désormais. Savoir qui je suis vraiment. Connaître mon essentiel et me faire confiance. Prendre le temps d'aller nager dans les profondeurs de moi-même pour réémerger à la surface avec un regard nouveau. Voilà ce qui est important.

Pour le reste, je vais continuer à prendre du recul par rapport aux standards de notre époque, à me distancer de la quête vaine de conformisme, de la recherche effrénée de perfection pour me reconnecter à la simplicité de la vie.

Je souhaite remercier Perla Servan-Schreiber, cette femme adepte des réveils à l'aube, abordant avec sérénité le crépuscule de la vie, en cherchant à laisser derrière elle, non pas une simple lueur, mais une lumière puissante, inspirante, à même d'éclairer le chemin de vie des plus jeunes.

Jena

 

 

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