Confidences d'un confiné

J'ai recueilli au cours de cette interview "spécial confinement", les confidences d'un confiné.

Qui es-tu ?

Loïc, belge résidant dans la petite ville de Namur, confiné dans un appartement dans lequel j’ai emménagé il y a peu et que j’apprends à connaître bien plus vite que je ne l’imaginais, y arpentant chaque mètre carré tout au long de la journée. Je travaille dans un magasin spécialisé dans les nouvelles technologies, mais je suis également indépendant exerçant en tant qu’auteur/scénariste.

 

Nous vivons une crise majeure, quel est ton regard sur ce qui se passe en ce moment ?

Nous vivons ce que nous pensions à jamais rester une fiction à laquelle nous aurions assisté à travers notre écran de télé durant deux bonnes heures avant de sortir retrouver nos amis en soirée. C’est effectivement un tournant majeur dans notre histoire. Je pense que cette situation va redéfinir notre vision de la vie, au sens philosophique du terme, mais aussi notre quotidien économiquement et politiquement parlant. Les conséquences vont être terribles, il faudra une belle dose de solidarité des citoyens et un appui important de nos politiciens pour sortir du marasme que vont causer, et causent déjà ce virus et ce confinement.

 

Depuis que nous sommes confinés, que fais-tu pour occuper tes journées ?

J’essaie de les combler futilement ou utilement, tant que cela me permet de voir les heures défiler rapidement. Il a fallu le temps que je m’acclimate à ce nouveau rythme et je commence, par la force des choses, à doucement m’y habituer. Je m’informe de l’actualité, j’explore les réseaux sociaux pour sonder un peu les sentiments du moment, parfois avec plaisir, souvent avec effroi. Je décortique Netflix, je dépoussière mes DVD. Je tente de conserver le contact avec mes proches quotidiennement, parce que ça reste le plus important. Et, évidemment, je continue d’exercer ma passion et mon métier qu’est l’écriture en ayant, notamment, créé une page Facebook « Confidences d'un confiné » qui s’avère, à ma plus grande surprise, être de plus en plus suivie. Cette page me permet de rester en contact avec le monde, d’y poser mes pensées et de rassurer ceux qui me suivent et subissent les mêmes contraintes.

 

Quel conseil donnerais-tu pour bien vivre cette période de confinement ?

Comme je l’ai dit sur mon journal, je pense qu’il ne faut pas - même si ça peut paraître compliqué - s’enfoncer dans l’exercice douloureux que représente la solitude. Ce n’est pas évident de garder la tête hors de l’eau quand vous êtes soudainement privé de liberté, mais aussi de vos proches, de votre famille, de vos amis, voir même de l’être aimé. Il faut tenter de profiter de cette période pour se reconstruire, pour rattraper le temps perdu qui s’est soudainement arrêté pour vous aider à corriger le tir. Il faut prendre soin de soi, être créatif, inventif, rester en éveil et ne pas désespérer. Lire, écrire, dévorer des films, des séries, peindre, réfléchir, s’évader. L’important, aujourd’hui, ce n’est pas de se plaindre d’être confiné, c’est surtout de tout faire pour ne pas être infecté.

 

Quelle est la première chose que tu ferais le jour où nous reviendrons à une vie normale, et à plus long terme, qu'est-ce que tu rêves d'accomplir ?

Je pense que, comme tout le monde, je m’empresserai de retrouver les gens que j’aime, un par un, puis tous ensemble. C’est réellement l’absence de contact social qui est le plus compliqué à gérer. Le bonheur d’un regard, la tendresse d’un simple geste. Et, ensuite, il va de soi que je finirai dans un bar à aligner les tournées. A long terme, je continuerai à écrire, peut-être encore de manière plus inspirée qu’avant cette période compliquée. Il y aura certainement beaucoup de choses à dire quand on aura retrouvé une vie normale, même si la « normalité » aura très certainement pris une nouvelle dimension et une autre définition.

 

Est-ce que tu peux me dire comment tu souhaites voir le monde de demain ?

Je n’ai pas envie, forcément, de le voir se métamorphoser. Je crois qu’il serait utopique de penser que l’état d’esprit des gens va réellement changer. Je pense que les premiers jours seront fous, parce que le bonheur va exploser de toute part. J’ai peur, par contre, de voir de nombreux indépendants payer le prix de cet arrêt forcé, et je souhaite de tout cœur qu’on pourra les aider à se relever avec des moyens tout aussi forts. On a besoin d’eux pour mieux savourer encore nos moments de retrouvailles et cette deuxième partie de vie qu’on espère tous prospère et magique.

 

Le mot de la fin ?

J'aimerais avoir une formule magique pour que le temps passe vite et qu’on se retrouve tous dans la rue à faire la fête. Mais en attendant, je tâcherai dans mon journal de continuer de vous changer les idées. Accrochez-vous, restez debout et continuez de rêver.

Je te remercie Loïc. Je te dis à bientôt sur ta page pour continuer à suivre ton actualité.

 

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